«  Cinéma, zone libre ? »

« Nous sommes hantés par un peuple d’images,
si vous entendez hanter comme quelqu’un d’antan l’aurait entendu,
c’est-à-dire habités, tout simplement… » 


Fernand Deligny

A quoi engage le cinéma ?

Il engage autant celui qui regarde que celui qui fabrique, et que regarder des films ensemble, c’est comme en faire. »

Cinéastes ou non cinéastes, ce qui nous importe est de définir librement les modalités de fabrication/production et diffusion des films. Nos parcours sont multiples, nos démarches créatives protéiformes, pour autant, nous partons toutes et tous de la réalité qui est la nôtre, l’intime et le monde qui fait la singularité et le désir de nos gestes cinématographiques. Nous faisons des films pour partager nos histoires, nos questionnements sur le monde en habitant le monde.

Nous considérons qu’il y a nécessité de nous manifester, de nous déplacer pour dépasser les contraintes qui nous séparent du public.

Pour rencontrer les autres à partir de nos images et de nos sons.

Pour pousser nos gestes jusqu’à la confrontation directe avec tous les publics.

Si l’on demande où réside la teneur politique d’un film, nous dirons

Elle réside dans la manière d’agencer les images ou les plans, de choisir tel ou tel angle de vue, de composer des rythmes, de construire des durées.
Elle réside aussi, dans la façon dont il a été rendu possible matériellement (où ont été pris les moyens de le réaliser, combien de temps on s’est donné pour le faire
).
Enfin elle réside aussi en questionnant la manière dont notre sensibilité est travaillée, modifiée, reconstruite. Le caractère éminemment malléable, plastique, de la sensibilité constitue en soi un enjeu politique.

Que fait-on des images, de nos nécessités de travail, de nos nécessités de montrer ? Comment considérer la vie à partir de ce qu’on fait ? C’est quoi l’histoire ? Comment regarder ou construire des films ? c’est quoi un auteur ? C’est quoi une image ?

Comment faire avec tout ça ?

Avec toutes ses raisons et ses questions, quelques cinéastes de Marseille et de Toulouse se rencontrent et vous proposes venir habiter les images et les sons qui naitront de ses rencontrent.

-Qu’est-ce que le cinéma ?


-Rien.


-Que veut-il ?


-Tout.


-Que peut-il ?


-Quelque chose.

Vendredi 24 mai

au CRATERE 

95 Grande Rue Saint-Michel, 31000 Toulouse

16H00

Chantier A
100′ de Tarek Sami, Karim Loualiche et Lucie Dèche

C’est le voyage de Karim qui n’était pas rentré chez lui depuis 10 ans.
Un retour en forme d’aller, pas simple.
Avant qu’il oublie, retrouver les raisons de son départ,  comprendre enfin ce grand exode généralisé. Mais c’est un autre vent qui s’empare de lui peu à peu.
Les mots se font aspirer dans un temps incertain, celui de sentir ses pas, de s’arrêter de penser. Le mouvement parfois permet de s’ancrer.
Un paradoxe que connaissent bien les oiseaux migrateurs.

18H30

In my own dream
50′ de Julie Ramaioli

In my own dream est une façon de poser mes valises.
10 ans se sont écoulés depuis le tournage de ces images, filmées au quotidien.
Le film rassemble des bouts, des essais, les morceaux d’une histoire intime.

20h : BUFFET OFFERT DANS LE HALL DU CRATERE 

21H30

Les derniers mineurs de Jerada ( Film en court )
28′ de Ouhaib Mortada avec Lo thivolle et Caro Beuret

Jérada, une cité minière située dans l’est marocain.
Le film se fabrique autour de l’histoire de l’abandon des industries minières jusqu’à la réappropriation de la richesse de ces terres par les habitants de cette ville.
La langue oscille entre arabe et français, l’oralité étant choisie pour traduire et interpréter les dires de ceux là à ceux d’ici, d’hier à aujourd’hui.

La vie ne s’arrête jamais,
40′ de Carmen Alix

Humour maternel et tendresse filiale face au cancer.

Samedi 25 mai

AU PAVILLON SAUVAGE 

35 Avenue Jean Dagnaux  31200 Toulouse

14H00

Les anges photophores
10′ de fabrice coppin ( Film en cours)

Anges photophores qui ont entre eux scellé, d’un battement d’ailes, le serment de demain : empêcher la nuit de nuire.

 

Deux traces d’ailleurs à la place des yeux
27′ de Mathieu Kiefer, Lisa Chabbert et Nicolas Potin (film en cours)

« De l’alcool dans le sang et plein les cieux, rien n’a bougé d’un fil, juste un point dans la foule, souriant juste d’être emporté par la foudre » —Psykick Lyrikah___

 

Spring yes yes yes
39′ de Audrey Ginestet

Un homme et une femme se retrouvent après une longue absence.
C’est elle qui a décidé de passer ces jours d’hiver pour la première fois chez lui, au Japon. Ils se sont connus en France, il y a 12 ans.
Elle est à la recherche d’une image de lui, une image à garder en mémoire.

 

Entrepreneurs
6′ de Antonnella Porcelluzi

« Entrepreneurs est une lettre filmée adressée à Philip Morris pour négocier l’invention d un filtre pour cigarette entièrement en papier (100% biodégradable). Le filtre a été produit en 2011 par OCB sans que je puisse le breveter avant. » 

 

17H30

Enfermés vivants,
90′ de Felix Gonzalez-Debats

2 anciens prisonniers et un acteur sont invités dans un décor de cellule.
Tout les 3 vont jouer dans une fiction racontant l’histoire de 2 taulards  dont le quotidien est chamboulé par la venue de Jean, « l’arrivant ».
Ben (le rappeur GUERRIER) et Franc ont vécu une incarcération différente  mais tout aussi difficile. En plus d’interpréter leurs propres rôles dans la fiction,  ils se livreront sur leur expérience d’enfermement tantôt avec spontanéité,  tantôt avec recul, en allant d’anecdotes en réflexions théoriques.
Jean se nourrira de cette rencontre pour renforcer son personnage fictionnel,  mais également pour se forger sa propre opinion sur la prison..

21H30 REPAS COLLECTIF

20H30

Si par une nuit d’hiver un voyageur
30′ de Caroline Beuret et Lo Thivolle

Si par une nuit d’hiver un voyageur dans son errance, nos errements,
venait à toucher, nous parler, rester là. De cette expérience
erratique, un abri de quelques instants, un moment de repos après la
grêle. Un port d’où l’on doit repartir, replonger dans l’orage.

22H

Performance vocale et dansée improvisée de Jean-Marie Nicolas et Anis Ouazzani. 30′

Un corps en mouvement, une voix en déplacement, toucher, croiser et se rencontrer, sans ne rien connaître de ce qu’il adviendra, et sans s’en pré-occuper…

22H30 : Concert de Ueh / rock progressif expérimental

23H30 : Concert de Mur(s) / free acid rock

et Mur(s) c’est quoi?
C’est une basse, une batterie, un violon & un saxophone !
Ces aveyronnais nous proposent un free rock plutot acide où l’improvisation joue un grand rôle autour de trames pré-écrites.

Dimanche 26 mai

MAISON BLANCHE

10 rue Arnaud Bernard, 31000 Toulouse

14H00

Diseponti,
110′ de Jules Ribis et Clément Delage

Clément et Jules partent sur les traces du projet Ponte Radio :  une création théâtrale avec des adolescents de Jénine (Palestine),  Berlin (Allemagne), Alfonsine (Italie) et Tyr (Liban). Le voyage de Diseponti. C’est la recherche de ces fissures dans le monolithe d’une société figée dont on accuse la froideur, le manque de lien, la perte d’humanité. C’est la poursuite d’une utopie se glissant dans ces interstices où l’on pourrait réinventer le monde.

16H00

Abîme
42′ de Jean-Marie Nicolas

Un film c’est un contournement
alors je contourne l’abîme
dans la ville où je vis
un film c’est un détournement
alors je détourne l’abîme
dans l’espace où je vis
la vie est un film
alors je filme l’abîme
de l’endroit où je suis


18H00

Echange/ Discussion :
« Cinéma, zone libre ou territoire colonisé ? »

Discussion publique, avec appui d’extraits sonores, en présence des 12 réalisateurs, et avec tous ceux qui seront là.

21H00

« Comu si nenti fussi » (« l’air de rien »)
10′ de Théo Ercolano

La nuit.
Une jeune fille botte le cul d’un gendarme,
de jeunes gens se baladent dans Marseille.
La ville est à eux, mais la nuit est à nous !

 

Le reflux,
91′ de Guillaume Bordier

Un échange documentaire, sur un plateau de tournage déserté, où se dévoile Didier, marqué par son expérience de la prison et d’un procès d’assises. Dans l’élaboration de sa parole, se dessine peu à peu la trajectoire complexe d’un homme conscient de ses impasses et de ses prisons intérieures. Grâce à la complicité du réalisateur, il tente de mettre à jour l’empreinte encore vive de ce parcours douloureux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s